Quelle est la tendance du nombre d’entreprises s’appuyant sur les services du cloud ?

En 2025, environ 52,7 % des entreprises européennes utilisaient au moins un service cloud payant selon les données Eurostat. Ce chiffre, en progression régulière depuis une décennie, traduit une adoption large mais encore loin d’être universelle. Comprendre cette tendance suppose de distinguer ce que recouvre réellement le terme « cloud » dans les pratiques des entreprises, et d’identifier les facteurs qui accélèrent ou freinent cette adoption.

Cloud en entreprise : ce que mesure réellement le taux d’adoption

Le terme services cloud regroupe des réalités très différentes. Eurostat considère qu’une entreprise « utilise le cloud » dès qu’elle souscrit à un service payant hébergé à distance, qu’il s’agisse d’une messagerie, d’un espace de stockage de fichiers ou d’un logiciel de bureau en ligne.

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Les usages les plus répandus en 2025 étaient précisément ceux-là : messagerie, logiciels de bureau collaboratifs et stockage. L’utilisation de puissance de calcul cloud pour exécuter ses propres applications ne concernait que 14,9 % de l’ensemble des entreprises européennes.

Cette distinction change la lecture des statistiques. Quand un rapport annonce que « plus de la moitié des entreprises sont dans le cloud », il faut comprendre que la majorité y accède pour des outils collaboratifs standards, pas pour y faire tourner des applications métier ou y migrer une infrastructure complète.

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Équipe de professionnels en réunion autour d'un écran tactile affichant la migration et la croissance des services cloud pour les entreprises

Écart d’adoption cloud selon la taille de l’entreprise

La taille reste le facteur le plus structurant. En 2025, au sein de l’Union européenne, les taux d’adoption se répartissaient ainsi :

  • 49,3 % des petites entreprises utilisaient au moins un service cloud payant, un seuil franchi récemment après des années de progression lente
  • 66,8 % des entreprises de taille moyenne avaient adopté le cloud, avec une prédominance des offres SaaS (logiciels en tant que service)
  • 84,7 % des grandes entreprises recouraient au cloud, intégrant plus fréquemment des services IaaS et PaaS en complément du SaaS

L’écart entre petites et grandes structures dépasse 35 points. Les PME se limitent souvent à des services bureautiques, tandis que les grands groupes combinent plusieurs couches de services cloud.

Pourquoi les PME adoptent le cloud plus lentement

Plusieurs contraintes freinent les petites structures : budget IT limité, absence d’équipe technique dédiée, et une perception du cloud encore centrée sur le stockage plutôt que sur la transformation des processus.

Les PME qui franchissent le pas le font d’abord par souci de flexibilité. La progression de l’adoption est réelle ces dernières années, mais l’écart structurel entre catégories d’entreprises persiste.

Marché du cloud : croissance des dépenses et projection mondiale

Le marché mondial du cloud computing suit une trajectoire de croissance à deux chiffres. À l’échelle mondiale, le secteur était estimé à environ 947,3 milliards de dollars pour 2026 d’après une projection publiée par Yahoo Finance, portée par un taux de croissance annuel composé de 16,3 %.

L’intelligence artificielle accélère la demande en infrastructure cloud. Les modèles d’IA générative nécessitent des capacités de calcul que la plupart des entreprises ne peuvent pas héberger en interne. Cette pression technique pousse même des organisations historiquement réticentes à souscrire des services IaaS ou PaaS auprès des grands fournisseurs.

Cloud souverain et conformité réglementaire en France

En parallèle de la croissance globale, le marché français se distingue par une exigence croissante autour de la souveraineté des données. Les certifications comme SecNumCloud, délivrée par l’ANSSI, deviennent un critère de sélection pour les administrations et certaines entreprises réglementées.

Les acteurs nationaux gagnent du terrain face aux hyperscalers américains (AWS, Microsoft Azure, Google Cloud) sur ce segment précis. Le « cloud de confiance » reste un marché de niche en volume, mais il pèse de plus en plus dans les décisions d’achat du secteur public et des entreprises manipulant des données sensibles.

Homme d'affaires tenant une tablette avec une courbe de croissance du cloud en regardant la skyline urbaine depuis un bureau en hauteur

Adoption cloud et migration réelle : deux réalités distinctes

Les données Eurostat permettent de mesurer un écart rarement commenté : 52,7 % des entreprises utilisent le cloud, mais moins de 15 % y exécutent leurs propres logiciels. Ce décalage montre que la progression du cloud ne signifie pas une migration complète des systèmes d’information.

Beaucoup d’entreprises fonctionnent en mode hybride. Elles conservent une infrastructure interne pour leurs applications critiques tout en utilisant des services SaaS pour la collaboration. Cette approche pragmatique explique pourquoi le taux d’adoption global grimpe sans que la part des charges de travail hébergées dans le cloud augmente au même rythme.

Le phénomène de cloud repatriation (rapatriement de charges de travail en interne) concerne une minorité d’entreprises, mais il illustre que le passage au cloud n’est pas un mouvement irréversible. Certaines organisations ramènent en interne des applications dont le coût de fonctionnement en cloud dépasse le bénéfice attendu.

La tendance de fond reste à la hausse : chaque année, quelques points de pourcentage supplémentaires d’entreprises européennes souscrivent à un premier service cloud. La courbe ne fléchit pas, mais elle progresse par paliers, tirée par les outils collaboratifs bien plus que par la migration d’infrastructure. Le vrai basculement viendra le jour où les applications métier, et pas seulement la messagerie, seront majoritairement exécutées à distance.